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Publié le par Association 3PA

Mais de qui se moque-t-on?

 

Communiqué de presse-Mercredi 4 août

OGM : à quel jeu se livre le Ministre français de l’Agriculture ?  


Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, à la demande de plusieurs entreprises semencières, a inscrit le 20 juillet 2010 des variétés génétiquement modifiées au catalogue français des semences : 36 variétés de maïs Monsanto Mon 810 produisant un insecticide Bt et deux variétés de maïs Bayer Crops T25 tolérant à l’herbicide total Glufosinate d’ammonium, ce qui leur permettrait d’être exploités commercialement à la faveur de lacunes réglementaires européennes. Commentaires de FNE.

Rappelons que ces constructions génétiques MON 810 et T 25 sont autorisées par la Commission européenne (CE) depuis 1998, mais que pour être cultivées, les semences doivent obtenir une autorisation de mise sur le marché subordonnée à leur inscription au catalogue des semences français et/ou européen.
- Ce qui est le cas du MON 810 ; mais celui-ci fait l’objet d’une clause de sauvegarde française interdisant sa culture commerciale jusqu’à un éventuel renouvellement d’autorisation par la CE. L’une des principales raisons invoquées par la clause étant l’insuffisance de l’évaluation toxicologique, reconnue ultérieurement par le Haut conseil des biotechnologies (HCB).
- Ce n’était pas le cas, jusque là, pour le T 25 ; de plus, celui-ci bénéficie d'une prolongation faute d’une réévaluation de son dossier par la CE qui aurait dû avoir lieu après un délai de dix années. Par contre, l’herbicide total auquel il est résistant n'est pas autorisé, en France, pour la culture du maïs !

Pour Lylian Le Goff, co-pilote de la Mission biotechnologies de FNE : « On assiste là à un véritable tour de passe-passe estival de la part de Monsieur Le Maire. Par l’entremise d’inscriptions au catalogue, en catimini, et grâce à la passivité de la CE qui n’a toujours pas statué sur le renouvellement des autorisations qui se trouvent ainsi ipso facto prolongées (!), l’exploitation commerciale de ces semences devient possible : à l’exportation dans des pays européens n’ayant pas interdit le MON 810, à la culture commerciale sur le sol français pour le T 25 dès le printemps prochain, sans plan de surveillance ».

Ce qui serait la fin de la protection de l’intégrité de l’environnement et de la spécificité des terroirs français. A moins que la France n’active une autre clause de sauvegarde pour le T 25 !

Et Lylian Le Goff de préciser : « La France serait à l’évidence fondée à interdire le T 25 comme le Mon 810, pour les mêmes raisons fondamentales en relation avec le manque de crédibilité de la CE en matière d’évaluation et d’autorisation des OGM – ceci concernant d’ailleurs l’ensemble des dossiers –. »

Tout récemment, un communiqué ministériel, cosigné par Monsieur Le Maire, publié lorsque le HCB a rendu son avis sur la pomme de terre Amflora, s’est exprimé clairement à ce sujet : « Les autorités françaises rappellent par ailleurs qu’elles attendent l’application des conclusions unanimes du Conseil des ministres de l’Environnement de décembre 2008 sur le renforcement préalable de l’évaluation environnementale et socio-économique communautaire et demandent qu’un bilan en soit présenté rapidement aux Etats membres. »

FNE constate l’incohérence du gouvernement en matière de politique agricole vis-à-vis des OGM, pour servir les intérêts des firmes semencières plutôt que l’intérêt général.
La fédération demande instamment le retrait de ces nouvelles inscriptions au catalogue de semences transgéniques ainsi qu’une action renforcée au niveau européen pour qu’enfin l’évaluation des OGM soit transparente et indépendante grâce à des contre expertises pluridisciplinaires, ce qui serait le minimum.
FNE affirme que tous les avis favorables rendus jusque là en faveur des OGM par la CE devraient être invalidés, à la fois pour des raisons scientifiques et politiques : on ne se donne pas les moyens de certifier l’absence de toxicité des produits et l’on ne respecte pas l’expression démocratique au sein même des instances européennes.
Ce serait un comble que la France avalise ces pratiques et désavoue ses prises de positions en faveur du Bien commun !

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